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22 novembre 2018

Entretien avec Jean-Baptiste Sibertin-Blanc

Jean-Baptiste Sibertin-Blanc est designer et ébéniste/marqueteur diplômé de l’ENSCI et de l’École Boule. En 30 ans de carrière, il a travaillé pour les plus grandes marques (LVMH Cheval Blanc, Ligne Roset, Hermès, Lampe Berger, Cristallerie Daum…), il crée Studio JBSB en 2011.

Il était présent lundi 19 novembre aux côtés de nos étudiants dans le cadre d’une conférence en toute intimité, pour leur parler de son parcours et partager avec eux toute la richesse de ses nombreuses expériences.

 

Quelle est votre pratique du design ?

« En tant que designer, la mission que je me suis donné est d’accompagner les marques entre industrie et savoir-faire. Avec comme but premier de sublimer l’histoire de la marque en lui apportant les réponses innovantes les plus adaptées à sa problématique. J’aime à penser que le design a la noble et modeste tâche d’accompagner les mutations de notre quotidien en créant des ponts entre histoire et innovation.

À mon sens, il y a 5 composantes dans le projet de design : le signe car tout objet permet de créer des expériences de vie, la matière, le savoir-faire, qu’il soit industriel ou artisanal, le client, que ce soit une galerie, une PME ou une multinationale et enfin l’émotion car tout projet est porteur d’émotion. Et ce qui est intéressant c’est que pour chaque projet, en choisissant où placer le curseur, on peut aller plus ou moins loin dans chacun de ces domaines. »

Le voyage occupe une place importante dans votre travail, en quel sens ?

« Effectivement, je perçois chaque nouveau projet de création comme un voyage dans une marque. Car travailler pour une marque, avant de commencer à dessiner quoi que ce soit, c’est avant toute chose, la découvrir et faire un état des lieux avant d’entrer dans le vif du sujet. Souvent on a tendance à vouloir tout de suite trouver des idées alors qu’il faut tout d’abord connaître le monde dans lequel on entre, s’imprégner de l’univers dans lequel on va évoluer et de la manière la plus large possible sur les 5 axes cités précédemmentEnsuite, il y a le côté voyage à proprement parlé qui est d’une richesse infinie car l’objet est signe d’une culture. »

Quelles attaches avez-vous avez notre école ?

« Tout a débuté par un concours de design organisé par Terre de Luxe, un projet que j’avais porté à l’époque et dont la lauréate était une étudiante de l’école. J’ai ensuite rencontré Séverine Nomdedeu, la directrice qui m’a proposé d’intervenir à l’école. J’ai donc débuté par un workshop et comme l’équipe est sympathique, je suis revenu très régulièrement à l’école. Depuis, j’accueille des étudiants en stage au Studio, dont Thomas Angioni qui a été depuis ces 6 dernières années mon principal assistant. Une super expérience ; je suis d’ailleurs très heureux qu’il ait créé son propre Studio Louvry & Angioni. »

Qu’avez-vous envie de transmettre aux designers en devenir ?

« J’ai envie de les aider à prendre conscience du monde dans lequel ils vont travailler. Et comme on ne peut pas tout apprendre à l’école, je les invite à lire, aller à des expositions, acquérir une culture design et artistique pour approfondir ce qu’on leur enseigne à l’école. Les recherches personnelles font également partie de l’apprentissage et la curiosité reste à mon sens la plus grande qualité d’un designer.« 

Un conseil à donner à nos étudiants ?

« Il faut acquérir les bases qui sont essentielles à notre métier : gérer de l’image, dessiner, savoir faire des plans, être capable de lancer des idées, et les étudiants de l’école que j’ai pu accueillir au studio avaient les bons outils. Nous ne sommes pas tous bons dessinateurs mais l’objectif est d’utiliser le dessin comme moyen pour attraper une idée. Il est nécessaire que pendant leur cursus et une fois sortis de l’école, ils se confrontent à la réalité parce que la créativité est une exigence personnelle que l’on a ou pas. Donc mon conseil numéro 1, ce serait d’être exigeant envers soi-même.«