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19 décembre 2018

DESIGN IN THE SHELL – LE WORKSHOP !

Grégoire Belot est designer indépendant dans le design graphique et l’édition, et Sascha Nordmeyer est devenu plasticien après avoir été designer produit dans l’industrie de luxe pendant plus de 10 ans. Ils se sont rencontrés tous les deux alors qu’ils enseignaient dans une école de design. Ils ont encadré pendant 5 jours les étudiants de 2e année au cours d’un workshop tourné vers l’espace, la lumière et le digital.

Vidéo du workshop à découvrir sur nos pages facebook et instagram !

Pouvez-vous nous décrire le concept de ce workshop ?

« Nous avons accompagné les étudiants, par petits groupes de 4-5, dans la conception d’une installation sensible à la lumière dans un espace qu’ils ont choisi dans l’école, et conçue via un seul matériau : le papier blanc.

Avec au programme : présentation de nos parcours et de références d’artistes qui travaillent sur l’espace, la lumière parce que cela nous semble important de nourrir leur culture design. On les a également sensibilisés au matériau, à ses possibilités et ses contraintes. On leur a ensuite demandé d’observer l’école et de choisir un lieu qui leur semblait pertinent pour un travail où ils pouvaient interagir avec la lumière. Après avoir brainstormé, ils ont commencé à expérimenter des techniques de pliages, de découpes. Ils se sont initiés au processing, à l’utilisation de la découpe numérique pour servir leur projet.

Après cette première phase, nous avons demandé un pré-rendu au cours duquel ils ont dû nous présenter leurs pistes de réflexion, dessins et maquettes afin que l’on puisse les guider au mieux avant le lancement de la production. Puis ils se sont attelés à la fabrication de leur projet et à son installation in situ.

Un des enjeux majeurs de ce workshop était qu’ils puissent réaliser leur installation en taille réelle et ne pas rester dans le virtuel. C’est un challenge que de penser et de découper quelque chose à petite échelle et ensuite de passer au grand format car il peut y avoir des surprises et des ajustements à trouver. C’est une vraie expérience car c’est très formateur. »

 

Quels usages du numérique ont-ils appréhendé ?

« Cette semaine nous ne sommes pas allés assez loin pour créer un programme qui leur permette de créer eux-mêmes leurs propres découpes mais nous avons écrit des petits programmes pour qu’ils puissent expérimenter cela. La programmation c’est une façon de regarder le monde. Un programme c’est la description des étapes pour arriver à un résultat. On peut objectiver certaines choses. On peut regarder un projet en se disant si on est dans le régulier ou l’aléatoire et c’est cette tension entre ces 2 aspects qui est intéressante. Ils ont pu voir que l’on peut avoir une structure répétitive, en codant facilement, en créant des boucles et on a vu qu’en ajoutant une pincée d’aléatoire on pouvait obtenir une tension. C’est dans la façon de rythmer un projet, espacer les choses régulièrement que la programmation peut avoir son intérêt. En ce sens, ça a permis aux étudiants de prendre conscience de certaines choses et de les caractériser.

Certains projets n’auraient d’ailleurs pas pu être réalisés sans la technologie car certaines installations nécessitaient des découpes, et le plotter était un outil de précision à leur service. La technologie rend aussi possible et concret le lien entre le dématérialisé et la matière, l’espace. Dans notre travail, on aime détourner les usages des technologies, on joue avec, on les associe pour faire évoluer nos projets. »

 

Quel regard portez-vous sur les installations réalisées par les étudiants ?

“Ce qui est assez intéressant avec une contrainte assez forte : n’utiliser que du papier blanc ; on a finalament 9 groupes avec 9 projets très différents, pas un ne se ressemble et c’est très sympa !

Tout au long de la semaine, ils ont été super impliqués, autonomes, agréables et débrouillards pour répondre aux freins rencontrés. On sent qu’ils ont l’habitude de travailler sur l’ensemble d’un projet avec toutes les étapes de recherche, de défrichage, de maquettes, de simulations 3D, ils ont les réflexes d’intégrer tous les éléments qui vont servir au rendu du projet (livret, vidéo, panneaux…)

Pour enseigner dans d’autres écoles, ici il a une certaine écoute et une bonne cohésion de groupe. Certains groupes qui étaient en avance pour le rendu ont aidé ceux qui étaient plus en difficulté et c’est super positif. Ils sont dans de bonnes conditions, ils ont de l’espace, des équipements, ça aide vraiment à achever un projet.

Ils ont tous joué le jeu, ça fait plaisir car c’est rare de voir des étudiants aussi investis du début à la fin. On aurait d’ailleurs pu se dire que le rendu serait une formalité après avoir passé la semaine à suivre leurs projets. Mais au final, le parcours à travers tous les univers apporte vraiment quelque chose car il a permis de faire ressortir 9 projets très différents, des sensibilités propres. Nous sommes très satisfaits de leur travail et de la manière dont ils ont été capables d’en parler aussi. »